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Acte de colloque 1/2

68ème Congrès National : Acte du colloque "Les gouvernances de demain ou comment organiser les échanges sur les nouveaux territoires" (synthèse de la table ronde)
Les Directeurs Généraux des Services l’ont très bien compris, à l’aube de la réorganisation des territoires, il est important d’agir activement dans le débat. Au moment même où est installé le comité « Balladur » pour la réforme des collectivités territoriales, il est particulièrement opportun de s’interroger sur la manière dont pourraient être organisés nos territoires à l’avenir et comment pourraient se nouer, en leur sein, les relations institutionnelles et interpersonnelles.

Rémy LE SAOUT, sociologue et directeur du centre nantais de sociologie a remis d’emblée en perspective l’action publique déconcentrée. Elle a d’abord été descendante et redistributive : l’Etat voulait ainsi répartir au mieux les moyens dans une logique de planification et de réduction des écarts entre les régions et les populations. La fin des trente glorieuses a mis un terme à cette approche dirigiste inadaptée pour introduire une approche territorialisée des politiques publiques avec en point d’orgue récent, le développement de l’intercommunalité. Il paraît difficile aujourd’hui de concevoir, pour demain, une « révolution » institutionnelle qui ne peut se satisfaire du temps long des réformes et qui ne peut faire fi de la résistance efficace des élus locaux.

L’un des symboles de ces élus locaux demeure la figure tutélaire du maire et Pierrick LOZÉ, DGS de Montélimar et vice-président de l’union Rhône Alpes du SNDGCT, se demande pour sa part, si la gouvernance actuelle des communes qui s’articule autour du couple maire/DGS a vocation à durer ? En effet, pour que ce soit le cas à l’horizon 2030, il faut évidemment que les communes existent encore, que les maires demeurent cette institution républicaine familière et que les DGS soient toujours à leurs côtés. Or, sur ce dernier point au moins, certaines évolutions récentes peuvent nous inciter à nous interroger sur la pérennité des DGS, que ce soit celle du manager unique (le maire en l’occurrence), ou encore celle de la collégialité (plusieurs DGAS sans DGS) ou enfin celle de la polarité de compétences (uniquement des directeurs de services). Toutefois, pour inscrire cette fonction de DGS dans la durée, il faut affirmer son professionnalisme en s’inspirant de la charte de déontologie du syndicat voire militer pour un véritable « système de dépouille » à la française ! Au-delà de ce champ organisationnel, il convient également de permettre aux habitants de mieux échanger entre eux ainsi qu’avec les collectivités territoriales dont ils dépendent.

Cyril POIGNARD, chargé des moyens de paiement au ministère des finances, nous rappelle avec à propos que les collectivités territoriales doivent produire une offre de services de qualité et au moindre coût. Or, les produits de l’exploitation de ces collectivités représentent 50 milliards d’euros et ne sont recouvrés que pour 10% d’entre eux par des moyens modernes de paiement. Dans le même temps, le produit de l’impôt sur le revenu qui représente 60 milliards d’euros est désormais réglé en ligne par 75% des contribuables. Il importe donc de moderniser les échanges monétaires de demain sur les territoires. Dans ce dessein, comme le précise Dominique BIDOU, de l’association HQE et président du centre d’information et de documentation sur le bruit, les collectivités devront combiner des réponses très locales dans une perspective de gouvernance mondiale tout en créant une vraie cohérence entre tous les intervenants dont il faudra savoir mettre à profit l’imagination. Les technologies de l’information et de la communication pourront favoriser une telle volonté.

Pour Frédéric BORDES, directeur régional de la société AXIONE, le déploiement progressif, en tout lieu du haut débit doit permettre d’offrir de nouveaux services accessibles au plus grand nombre. Les gouvernances de demain seront sans doute soumises à la gestion de la pénurie, elles ne pourront se concevoir sans créativité, mobilisation cohérente et pertinente des acteurs et ouverture sur le monde.

Le mois prochain, retrouvez le nouvel acte de colloque sur la 2ème table ronde : « Les gouvernances de demain ? Ou comment organiser les coopérations sur les nouveaux territoires ? ».