68ème Congrès National : Acte du colloque “Les villes du futur ou comment concilier le vivre ensemble et le développement durable ?” (Synthèse de la table ronde)
Les villes du futur ont-elles un avenir ? Ne sont-elles pas au fond que la continuation des agglomérations que nous connaissons aujourd’hui et qui auront, vaille que vaille, à satisfaire les besoins de demain ? José Munoz, chargé des relations institutionnelles chez Degrémont groupe Suez, se pose clairement ces questions en suggérant de mettre en avant, quoi qu’il arrive, l’indicateur de bonheur humain et en chargeant les directeurs généraux des services d’en être les garants auprès des élus. Il importe de prendre en compte non seulement les dimensions environnementales, mais aussi sociales et économiques dans une perspective de partage plus équitable. Il souhaite que dans l’avenir, nous puissions faire progresser de ville en ville, le “Bonheur National Brut” (B.N.B) qui mesurera, à l’aune des dispositions envisagées, notre capacité à préserver notre environnement tout en aidant chacun d’entre nous à trouver sa place au sein de la cité de demain.
Pour sa part, François de Closets, journaliste et écrivain, estime que les villes du futur se construiront autour d’une cohésion à trouver entre un projet social, véritable socle de la vie en commun et des apports techniques qui se mettront au service du développement urbain et humain. La technique ne peut plus être aujourd’hui ce qu’elle a pu être de manière excessive hier, à savoir une réponse unique et absolue aux problèmes du monde. La société, en effet, a eu trop tendance dans le passé a découpé la réalité en autant de questions que la technique puis la technologie devaient résoudre sans avoir la moindre vision globale et à long terme. Nous sommes passés du bien être au bien avoir, comme une course effrénée vers le néant.
Il importe désormais de remettre l’humain au centre car, comme le précise, Philippe Cers, directeur du développement durable de la société H4 filiale d’EDF, notre salut passera par une prise de conscience individuelle et collective qui pourra, en tant que telle être vécue comme une véritable quête de sens permettant de dépasser l’inanité de la société de consommation. Le vrai défi à relever tous ensemble est celui de notre capacité de rénovation de la ville sur la ville comme le démontre Nicolas-Gérard Camphuis, directeur du Centre Européen de Prévention des Risques Inondations (CEPRI). Les cités de demain, dans une Europe où 80% des habitants vivront en ville, peuvent certes apparaître avec notre regard actuel, comme des objets incertains, réceptacles de fragilités et inégalités, mais également comme de formidables vecteurs d’innovation qui se mettront au service de populations toujours plus variées pour un développement soutenable et harmonieux. L’enjeu majeur de cette nouvelle urbanité en devenir est celui du lien social qui devra être tissé par les acteurs du territoire et autour des actions que mèneront les collectivités territoriales pour faire de la globalisation un atout pour tous et pour chacun. Il faudra avoir à la fois, une approche collective pour rendre accessible l’espace public sans exclusive, en luttant contre les phénomènes de ségrégation sociale et urbaine, pour susciter une société plus solidaire, mais aussi une approche individuelle pour inciter chaque habitant à se montrer plus respectueux des êtres humains, de la nature et plus économe des énergies qu’il utilise. Au fond, les villes du futur où plutôt l’image que l’on peut s’en faire ne nous invitent-elles pas à revisiter pour l’avenir, la devise de notre République : liberté, égalité, fraternité ?

